Gustave Parking, un artiste qui invite à l’improvisation et à la créativité

Gustave Parking, un artiste qui invite à l’improvisation et à la créativité

Demander à Gustave Parking d’être l’un des intervenants de ce premier TEDxPointeàPitre était une évidence pour l’équipe, tant l’homme brille par ses multiples talents et sa belle carrière.

Humoriste, auteur, metteur en scène, Gustave Parking enchaîne les spectacles depuis des années en France comme à l’international. Il a en plus développé un beau concept  permettant à tout un chacun de pratiquer l’improvisation et d’en tirer des bienfaits.

Pour nous, Gustave Parking fait partie de ces personnes aux initiatives et aux discours inspirants capables de susciter cet enthousiasme et cette énergie nécessaires pour faire changer le monde, en mieux.   

Il a un parcours extraordinaire   

Des spectacles dans les rues de Miami en 1979 aux multiples tournées internationales, Gustave Parking s’est produit un nombre incalculable de fois aux quatre coins du monde. Ce sont ainsi des dizaines de milliers de personnes qui ont assisté à ses représentations, en France, en Europe, en Afrique, en Asie, dans la Caraïbe, etc.

Ainsi, l’invention de son personnage de clown moderne et la présentation de son premier spectacle comique « N’ETRE », au début des années 80, ont marqué le début d’une longue et belle carrière.

Création et mise en scène de spectacles, participation à des émissions de radio, de télévision, réalisation de caméras cachées, mais aussi écriture de nombreux ouvrages, etc, le parcours de Gustave Parking impressionne autant par sa diversité que par le nombre de succès enregistrés au fil des ans.

La qualité de ses spectacles lui a permis de conquérir un très large public, mais a également été saluée par plusieurs prix.

Très créatif, il insuffle l’envie d’inventer, d’improviser

Gustave Parking est un artiste dont la grande inventivité se retrouve dans ses spectacles, ses livres, mais pas uniquement.

Il a lancé une formule originale pour assister à ses spectacles : deux euros à l’entrée et la sortie est payante, en libre participation. Un « système » inversé, très apprécié du public.

Installé en Guadeloupe depuis plusieurs années, il a créé le Gustave Park, à Trois-Rivières, projet culturel, dédié à l’humour.

En 2012, il a fondé Gwad-Impro, association qui a pour but de permettre à tous de pratiquer l’improvisation, via des ateliers, des stages, et ainsi de « de retrouver la confiance en soi, de découvrir de nouveaux aspects de sa personnalité et de mieux gérer sa relation à l’autre ». Développé dans toute la Caraïbe notamment, son concept a été reconnu en 2013 et subventionné par la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) et les Ministères de l’Education nationale et de la Justice.

En alliant humour, créativité et pédagogie, Gustave Parking, fort de sa maîtrise de la scène et de l’improvisation, sera assurément un intervenant brillant à TEDxPointeàPitre, le 10 novembre.

Gustave Parking sur internet : son site, son profil (@gustaveparking) sur Twitter , sa page sur Facebook.


M’Baïreh Lisette, un expert international de référence en gestion de crise

M’Baïreh Lisette, un expert international de référence en gestion de crise

Au moment de sélectionner les intervenants de cette première conférence, l’équipe de TEDxPointeàPitre avait déjà en tête le thème de la conférence : l’effet papillon. C’est ce choix qui a donné l’idée à un des membres de proposer le nom de M’Baïreh Lisette, consultant en gestion de crise et en continuité d’activité, basé à Paris. Fort de trente années d’expérience, ce dernier a développé une approche intéressante de la gestion de crise, en tenant compte de l’effet papillon.

Expert international ayant rempli des missions d’importance dans différents pays, formateur aguerri, M’Baïreh Lisette possède un savoir exceptionnel qui, diffusé via TEDxPointeàPitre, contribuera sans doute à faire évoluer le monde, en mieux.

Il possède une expérience riche, internationale

Après huit ans de direction d’un organisme international de recherche, M’Baïreh Lisette a occupé différents postes à responsabilité, grâce auxquels il a acquis une grande expérience dans les domaines de la continuité d’activité, la gestion de crise, mais aussi l’informatique et la sécurité. Il a notamment travaillé, pendant, huit années, dans un grand groupe pétrolier français, en tant qu’administrateur central des données, responsable Sécurité, Méthodes des systèmes d’information et PCA, puis consultant expert.

Organisation, gestion de grands projets, audit informatique, conception, sécurisation, certification ou déploiement de systèmes d’information, telles sont les multiples missions qu’il a rempli dans le cadre de ses fonctions au sein d’autres sociétés. Il a également formalisé et mis en œuvre les composants de plans de survie d’entreprise en France et à l’international.

Il est un théoricien et un formateur exceptionnel

Au fil des ans, en s’appuyant notamment sur son riche parcours professionnel, M’Baïreh Lisette a accumulé connaissances et expériences qui lui ont permis de produire des contributions significatives dans ses domaines.

Théoricien de référence, il est également un formateur aguerri, qui a enseigné au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) Paris – entre autres, et anime des formations de SunGard (ndlr : entreprise multinationale fournissant des solutions informatiques intégrées à des institutions et des entreprises) en secours d’entreprise, en continuité d’activité et en gestion de crise.

Il a une approche intéressante, pertinente de la gestion de crise

En France, en Afrique, en Asie, en Europe, au Proche et au Moyen-Orient, M’Baïreh Lisette a géré des crises aux quatre coins du monde. Ses années passées sur le terrain l’ont conduit à développer une « approche systémique et pluriculturelle de la gestion de crise » pour laquelle la compréhension de l’effet papillon était une « composante intrinsèque ». « Je l’ai forgée au feu de crises réelles dans divers continents », précise M’Baïreh Lisette.


Dr Henry Joseph, un Guadeloupéen qui innove dans un milieu traditionnel

Dr Henry Joseph, un Guadeloupéen qui innove dans un milieu traditionnel

Déclaré homme de l’année à plusieurs reprises par des journaux guadeloupéens, pharmacien, docteur en pharmacognosie, et cofondateur des laboratoires Phytobôkaz, le Dr Henry Joseph sera l’un des speakers du tout premier TEDxPointeàPitre.

Lors du brainstorming de l’équipe dédié au choix des speakers, son nom a été l’un des premiers évoqués, tant son parcours, ses combats et son implication dans la vie guadeloupéenne sont inspirants. Focus sur trois raisons qui prouvent que le Dr Henry Joseph est un Guadeloupéen vertical qui nous veut du bien. 

C’est un fervent défenseur du « régime caribéen »

Un des paradoxes d’un territoire comme la Guadeloupe, c’est de jouir d’une richesse naturelle – et donc nutritionnelle – exceptionnelle et, en même temps, d’importer plus de 80% de l’alimentation. De facto, les aliments consommés par les Guadeloupéens sont pour la plupart industriels, raffinés, et avec un fort indice de glycémie, favorisant le surpoids, l’obésité et le diabète, maladies de plus en plus meurtrières sur l’île.

Pour le Dr Henry Joseph, ce constat ne doit pas être une fatalité. Depuis des années, il ne rate aucune occasion (conférences, médias, ateliers, etc.) de faire de la pédagogie dans ce sens. Pour lui, les Guadeloupéens doivent s’orienter vers une alimentation et une hygiène de vie plus saines en favorisant ce qu’il appelle le « régime caribéen », avec des produits locaux :

  • « Consommer des aliments à Indice Glycémique bas (ex: pòyò, patate douce, malanga),
  • Consommer des fruits riches en vitamines et en antioxydants (acérola dite cerise pays,etc.),
  • Consommer du poisson,
  • Avoir une activité physique quotidienne (ex: faire son jardin, un trajet à pied ou nager) »,
    préconise le Dr Henry Joseph sur le site de PhytoBòkaz. 

Il a milité pour faire intégrer des plantes caribéennes et réunionnaises à la pharmacopée française

La Caraïbe et les territoires ultramarins français regorgent de plantes aromatiques et médicinales que les anciens ont intégré à leurs pratiques pharmaceutiques et médicinales dites traditionnelles. Un savoir-faire qui s’est transmis de génération en génération, grâce à une oralité très forte sur nos territoires.

En France, jusqu’au début des années 2000, peu de ces plantes originaires de territoires pourtant français, et aux vertus attestées par des études, figuraient dans la pharmacopée « officielle ».

Alors, avec l’Association pour les Plantes Médicinales et Aromatiques de Guadeloupe (APLAMEDAROM), le Dr Henry Joseph, en compagnie du Dr Jacques Portecop, entre autres scientifiques et spécialistes, s’est livré à une véritable bataille juridique, médiatique, et a mené d’intenses actions de lobbying afin de faire reconnaître ces richesses par la France. C’est ainsi qu’après plus de 12 ans de combat, ce sont pas moins de 46 plantes de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Réunion qui ont été autorisées dans la pharmacopée française. Désormais, pour les scientifiques ultramarins, accoutumés à l’utilisation auparavant informelle de ces plantes, c’est un boulevard d’innovation technologique et pharmaceutique qui s’ouvre, même si la route reste encore longue, puisque plusieurs centaines de plantes doivent être encore reconnues.

Avec les laboratoires Phytobôkaz, il innove et encourage la valorisation des plantes locales

Profondément ancré dans cette tradition médicinale caribéenne, le Dr Henry Joseph est aussi un scientifique pour qui l’innovation doit servir à valoriser les ressources locales. Dans cette logique, en 2005, il a créé, avec le Pr Paul Bourgeois, les laboratoires PhytoBôkaz, qui non seulement fabriquent localement des produits à partir de plantes médicinales ultramarines, mais qui ont aussi créé des emplois qualifiés et participent aussi à la diversification des activités agricoles. Et, afin de maintenir leur niveau d’exigence sur l’innovation, les laboratoires PhytoBôkaz déposent des brevets et financent des thèses sur les plantes locales susceptibles d’être valorisées.

Il faut l’avouer, le titre de la présentation du Dr Henry Joseph a largement été inspiré par la rencontre « Time2Link » organisée pour la toute première fois en Guadeloupe, avec pour thème « Innover en milieux traditionnels ». Et le Dr Henry Joseph en était l’un des invités. Là, notre speaker a fait la démonstration que « les richesses naturelles de la Guadeloupe sont une source de création inépuisable ».

Partager son savoir tout en valorisant nos richesses naturelles, avec une extrême générosité et disponibilité, c’est aussi l’une des qualités qui nous ont convaincu que le Dr Henry Joseph sera un grand speaker à TEDxPointeàPitre.

Phytobôkaz sur internet : le site, la page sur Facebook, le profil (@Phytobokaz) sur Twitter.


Comment Magalie Pigeon dynamise la « tech » Caraïbe

Comment Magalie Pigeon dynamise la « tech » Caraïbe

Discuter avec Magalie Pigeon insuffle rapidement l’envie de passer à l’action pour atteindre ses objectifs, quels qu’ils soient. Voilà pourquoi, lors de la réunion de sélection des intervenants, son nom a été proposé par des membres de l’équipe de TEDxPointeàPitre qui avaient eu le plaisir de la rencontrer auparavant.

Ingénieure de formation, entrepreneure, formatrice, Magalie Pigeon est une femme aux multiples casquettes, à la fois ambitieuse et dynamique.

Elle figure parmi ces Caribéens qui contribuent, au quotidien, à faire émerger des idées et progresser le monde.

Ingénieure de formation, elle possède de multiples compétences 

Diplômée de l’École spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l’industrie Paris en 2001, Magalie Pigeon a, dès l’année suivante, intégré la formation pour les entrepreneurs de HEC Paris, qu’elle a validée en 2002.

Etre ingénieure et entrepreneure à la fois, tel était son objectif qu’elle a rapidement atteint en rejoignant le groupe mondial du BTP, VINCI, dont elle a piloté des filiales. Dans le cadre de sa fonction, elle était responsable des domaines technique, organisationnel, commercial, financier, mais aussi de la stratégie, des ressources humaines et du dialogue social. Un poste à responsabilité, exigeant et exaltant, qu’elle a occupé jusqu’en 2014, année où elle décide de quitter son poste pour poursuivre son ambition de booster l’écosystème de l’innovation dans la Caraïbe. Et pour ce faire, elle s’y est préparé, en suivant un programme d’entrepreneuriat de l’accélérateur parisien TheFamily, mais aussi la formation Dev (web) de Simplon.

Elle a fait un « Tech Tour » dans la Caraïbe  

En 2014, suivant toujours son idée de contribuer à faire émerger des projets caribéens sur des technologies innovantes, Magalie Pigeon a effectué un « Tech Tour » de deux mois – novembre et décembre – dans la Caraïbe et aux Etats-Unis.

Elle est allée dans 12 territoires pour mieux connaître l’écosystème avec lequel elle voulait travailler. Elle a échangé avec des dizaines de personnes (entrepreneurs, incubateurs, investisseurs, institutionnels, etc.), afin de bien cerner les atouts et les problématiques spécifiques de la zone. Elle en est ressortie avec une vision, une expertise et un réseau extraordinaires.

Cela lui a également permis d’affirmer sa volonté d’aider à valoriser le potentiel énorme qu’elle a découvert.

Elle est à la tête de The Caribbean Tech

Magalie Pigeon a donc créé The Caribbean Tech, dont le but premier est de fournir aux personnes concernées, qu’elles soient porteuses de projet, entrepreneures ou autres, des conseils stratégiques et des outils pour concrétiser leurs idées. Avec son équipe, elle a notamment mis en place une plateforme sur le web mettant en lumière des entrepreneurs à succès et elle propose aussi des formations.

« Quand on voit le succès exceptionnel d’entrepreneurs comme Mark Zuckerberg, on se dit que ce sont des génies et qu’il est inutile d’espérer suivre leurs traces. Pourtant, les grands entrepreneurs ne sont pas nés gagnants. Ils se sont construits étape par étape, ils y ont cru, ils ont forcé leur destin. C’est l’esprit que je voudrais transmettre aux Caribéens. »

Passionnée par la Caraïbe, convaincue que cette région est riche de talents, elle s’investit à 200 % et son dynamisme est forcément contagieux, moteur d’initiatives positives. Elle participe ainsi à faire changer le monde, en mieux.

Magalie Pigeon sur internet : http://thecaribbeantech.comle profil @TheCaribTech sur Twitter – la page sur Facebook.


Comment Thierry Malo valorise le créole par son art

Comment Thierry Malo valorise le créole par son art

Thierry « TiMalo » Malo sera l’un des speakers à la toute première édition de TEDxPointeàPitre. Il s’est fait remarquer, il y a environ 8 ans, alors que le slam était en plein boom en Guadeloupe. Sa verve, ses textes acérés, drôles, ainsi que son aisance sur scène, l’ont vite érigé comme un slameur hors pair. Une aisance et un talent qui se retrouvent aussi à l’écrit, dans un créole guadeloupéen exquis qui caractérise toute son œuvre.

Alors que certains voient le créole comme un repli identitaire, TiMalo, lui, en le valorisant dans son art, nous prouve, au contraire, que le créole et le processus de créolisation sont ce qu’il y a de plus universel. Focus sur deux façons dont il a de valoriser le créole de Guadeloupe.

Il œuvre à démocratiser le créole

Cela peut paraître paradoxal à dire, mais oui, le créole a encore besoin d’être démocratisé. Bien qu’il soit l’une des langues maternelles des Guadeloupéens, il se trouve dans une situation diglossique qui a impacté de façon très néfaste son développement, notamment à l’écrit. Contrairement à Haïti, lire et écrire en créole en Guadeloupe n’est pas pour autant « naturel », même si la langue, à l’oral, est très présente dans le quotidien et dans les cercles que sont la famille et les amis.

Mais, trop longtemps représenté comme une langue inférieure par rapport au français, le créole guadeloupéen, dans ses formes écrites, a souffert.

Dès lors, quand, pour une interview menée à l’occasion de la sortie de son roman « Dyablès », j’ai demandé à TiMalo si écrire en créole, en 2015, était encore un acte militant, sa réponse a été claire : « Je ne me suis pas véritablement posé cette question pendant que j’écrivais. En effet, je publie des textes en créole depuis bientôt dix ans, la plupart du temps en couchant sur le papier des choses que j’aurais pu dire ou écrire à ma famille ou à des amis.

Mais dès que j’ai commencé à parler de mon projet, j’ai vite réalisé le fossé entre mon histoire personnelle et la réalité. J’ai croisé des jeunes d’une vingtaine d’années qui avaient du expliquer pourquoi ils avaient préféré le créole au latin, au lycée. D’autres encore, qui me connaissent pourtant, et malgré leur enthousiasme et leur impatience à lire « Dyablès », n’osent pas m’adresser la parole en créole.

On reproche, encore aujourd’hui, à certains auteurs de « s’enfermer » dans le créole. Et que dire de ce très haut responsable qui m’a lancé sans sourciller ‘le problème avec le créole c’est qu’il est difficile à déchiffrer’, alors que cela fait plus de dix ans que des jeunes lisent et commentent des textes à l’épreuve de créole au baccalauréat ?

En ce sens, le travail du Conseil départemental avec ‘Kréyòl An Mouvman’, qui organise et coordonne un mois d’activités autour de la langue est plus que nécessaire. En effet, il nous faut impérativement compter sur nos propres énergies, car la France, bien qu’elle ait signée la charte européenne des langues régionales, n’arrive toujours pas à la ratifier 16 ans plus tard. »

Il questionne les codes esthétiques à l’œuvre dans la création en créole

Par-delà le simple parti-pris d’écrire exclusivement en créole, TiMalo mène aussi une réflexion sur les codes artistiques employés.

Sur la forme de ses poèmes et slams, il s’est attaché à travailler, depuis son premier opus, la poésie à forme fixe en créole. Et, dans Dé Moun, son recueil de nouvelles sorti en 2012, il s’est mis au quadrille, une forme poétique rare, et parfois difficile à faire sonner de façon harmonieuse.

« J’aime bien travailler les poèmes à forme fixe, réputés impossibles en créole. C’est une façon de battre en brèche les clichés sur la langue. La singularité du quadrille est d’offrir une lecture de haut en bas et de bas en haut. La version que l’on entend sur l’album est le texte dit à l’envers », explique TiMalo.

Sur les mélodies aussi de l’album « Dé Moun », un travail de réflexion sur les bases des musiques guadeloupéennes et des potentialités créatrices qu’elles offrent, sans pour autant tomber dans un résultat mainstream. Car, lorsqu’on lui formule la critique selon laquelle les sons de Dé Moun n’ont pas, a priori, de consonances guadeloupéennes très marquées, alors que les messages véhiculés concernent la Guadeloupe, TiMalo affirme la guadeloupéanité de sa musique et défend sa démarche : « C’est une musique guadeloupéenne construite un peu dans la démarche de l’afrobeat de Fela. Elle est basée sur des rythmes guadeloupéens avec un jeu des instruments électro-acoustiques inspiré par le funk. Par exemple, sur « Lanmou », les sons graves de la basse et les sons plus aigus de la guitare s’associent pour jouer un toumblak. « LKP », est un menndé, mais où la guitare rythmique joue comme un makè. Mon mon intention artistique est de dire que nous disposons d’un potentiel de création énorme. Un potentiel que nous avons à peine commencé à explorer. Certes nous n’avons pas à rougir de puiser dans le patrimoine mondial ; dans cet album, il y a aussi de la soul et du blues. »

Un travail qui remet donc en perspective le questionnement sur les codes esthétiques à l’œuvre dans le processus de création (en) créole. Lorsque l’on connaît les difficultés à « faire Art » en créole, du fait de la situation diglossique de la langue, ces nouvelles propositions esthétiques de TiMalo font sens.

Thierry Malo sur internet : son site, sa page sur Facebook, son profil (@timalo_officiel) sur Twitter.

Photo (c) G. Vartel


3 raisons pour lesquelles Léna Blou est une source d’inspiration

3 raisons pour lesquelles Léna Blou est une source d’inspiration

Lors de la réunion de l’équipe de TEDxPointeàPitre pour lister les intervenants qu’elle souhaiterait pour cette première édition, le nom de Léna Blou a rapidement été prononcé. Danseuse et chorégraphe renommée, ambassadrice internationale de la culture-ka, Léna Blou est une professionnelle, chercheuse en danse qui travaille inlassablement à « élargir les imaginaires, décloisonner les esprits ».

Selon nous, elle fait partie de ces personnes inspirantes qui peuvent contribuer à changer le monde, de manière positive. Trois raisons. Liste non exhaustive.

Professionnelle expérimentée, elle maîtrise pleinement son art

Léna Blou avait six ans lorsqu’elle a commencé à danser, après une rencontre avec Jacqueline Cachemire-Thôle, autre grande dame de la Guadeloupe connue pour avoir fondé l’Akadémiduka. Depuis, elle n’a jamais arrêté, devenant une danseuse-interprète et chorégraphe professionnelle aux multiples collaborations prestigieuses.

Titulaire d’un master II Arts, Lettres et Civilisations de l’Université des Antilles et de la Guyane (Martinique), d’un Certificat d’Aptitude danse contemporaine du Conservatoire national de Lyon, d’un DEUG en danse et d’un diplôme d’Interprétation chorégraphique en jazz de l’Université de la Sorbonne Paris IV, Léna Blou a effectué des stages pratiques dans la Caraïbe et à l’international, ce qui lui a permis d’apprendre des grands noms de la danse.

Son parcours professionnel l’a amené naturellement à devenir chercheuse en danse. « Mon terrain d’application, de prédilection, c’est la Guadeloupe et le territoire caribéen. En tant qu’îlienne confrontée au reste du monde, j’ai le rêve de faire bouger les lignes dans les consciences et démontrer que les petits territoires ont quelque chose à apporter au reste du monde. C’est ce qui anime et habite tout mon travail. J’utilise la danse comme arme, outil pédagogique. Je fais de la recherche en danse, car il y a très peu d’études scientifiques faites sur nos pratiques musico-chorégraphiques. J’ai fini par comprendre et j’ai envie de le transmettre au plus grand nombre : comprendre comment bougent les corps de la Caraïbe, c’est un accès direct à leur humanité et à leur vision du monde. La Caraïbe a probablement quelque chose de beau à apporter au reste du monde ».

Elle propose une vision plus large des danses traditionnelles

« Le gwo-ka du point de vue du « pays-Guadeloupe » est soit sublimé : symbole identitaire et de revendication, ou soit rejeté : archétype de l’histoire coloniale. Pour le reste du monde, il est trop souvent classé à un rang mineur : exotique, primitif. C’est valable pour toutes les danses traditionnelles du monde. Elles sont stigmatisées par nous-mêmes et par les autres », explique Léna Blou.

Avec son travail de recherche sur le gwo-ka, elle a voulu « élargir les imaginaires, décloisonner les esprits, éduquer le regard à lire autrement l’esthétique et à comprendre que cette manière de bouger traduit bien une manière de penser, qui est une des solutions dans le monde dans lequel nous vivons. ».

Léna Blou a notamment publié, en 2005, Techni’ka, un ouvrage à travers lequel elle met en lumière le caractère contemporain de la danse traditionnelle en Guadeloupe. Elle a également collaboré avec Sylvaine Dampierre pour son documentaire « Le Pays à l’envers » (Prix Patrimoine de l’Immatériel au 31e Festival du Cinéma du Réel) et avec Laurence Rugard pour son film « La Techni’ka » (primé lors du Festival Cinéma Caraïbe à Saint-Barthélémy).

Elle est une inlassable pédagogue et ambassadrice de la culture-ka

Léna Blou a commencé à enseigner la danse, alors qu’elle était encore très jeune. « Dans mon parcours, j’ai abordé très tôt les trois grands aspects de mon métier : interpréter, c’est-à-dire danser sur scène, transmettre, c’est-à-dire enseigner, et créer, c’est-à-dire faire des chorégraphies. J’ai toujours tout mené de front, car en Guadeloupe, à mon époque, la professionnalisation du métier d’artiste chorégraphique n’existait pas : pas de compagnie, ou d’école de formation professionnelle, ni aucun travail de recherche, ou de livres traitant de la danse. Quand je suis revenue en tant que professionnelle, tout était en friche. Mon école (le Centre de Danse et d’Études Chorégraphiques créé en 1990) et ma compagnie (Trilogie) sont devenus des lieux d’expérimentation, des  laboratoires  vivants, car en terme d’antériorité, je n’avais aucun exemple pour inventer cette technique ».

Connue pour son travail à l’échelle locale, Léna Blou est aussi renommée à l’international, du fait de ses multiples représentations dans le monde. Elle assume sans relâche son rôle d’ambassadrice, avec toujours ce désir de « conquérir un territoire nouveau » : « C’est toujours et encore un travail d’expérimentation, dans le sens et le fait de divulguer la culture-ka à l’étranger. Ma démarche artistique et ma philosophie c’est d’emporter avec moi le pays-Guadeloupe et la culture-ka, lorsque je transmets la techni’ka hors du territoire ».

Léna Blou sur internet : son site officiel, sa page sur Facebook.

Photo (c) Eric Guyenon.


3 raisons pour lesquelles David Couvin contribue à changer le monde

3 raisons pour lesquelles David Couvin contribue à changer le monde

Après Carel Pedre, que nous vous avons présenté la semaine dernière, au tour de David Couvin. Ce Guadeloupéen âgé de 28 ans fera le déplacement depuis Montpellier où il travaille actuellement, pour participer à cette première édition de TEDxPointeàPitre. Docteur en bioinformatique, il a mené d’exceptionnels travaux de recherches sur la tuberculose, de portée mondiale.

Pour nous, il fait partie de ces scientifiques qui participent à changer le monde, positivement. Trois raisons. Liste non exhaustive.

Il lutte contre la tuberculose

En décembre 2014, à l’Institut Pasteur, en Guadeloupe, David Couvin a soutenu sa thèse intitulée : « Mise au point, développement et gestion d’une base de données mondiale des génotypes circulants de bacilles tuberculeux : méthodes moléculaires et outils Web pour cartographier, comprendre et maîtriser l’épidémie ». Pendant deux heures, il a présenté les fruits de très longues années de travail devant une assistance composée notamment de scientifiques éminents de la question. Avaient ainsi fait le déplacement Igor Mokrousov, chercheur senior de l’Institut Pasteur de Saint-Petersbourg en Russie et Miguel Viveiros, professeur en microbiologie de l’Universidade Nova de Lisboa au Portugal.

Le travail de David Couvin constitue un rouage important de la lutte contre la tuberculose, une maladie infectieuse qui n’existe pratiquement pas en Guadeloupe, mais qui tue près de deux millions de personnes chaque année dans le monde, selon l’Institut Pasteur. « L’O.M.S. (ndlr : Organisation Mondiale de la Santé) estime qu’entre 2000 et 2020, près d’un milliard de personnes seront nouvellement infectées et que 200 millions d’entre elles développeront la maladie, dont 35 millions mourront de tuberculose si aucune amélioration n’est apportée dans le contrôle de cette infection », dixit l’Institut.

Il est source d’inspiration

David Couvin est un Guadeloupéen qui a mené des études brillantes, en faisant preuve d’une belle détermination. Son parcours, marqué par l’excellence, l’a conduit à devenir un docteur en bioinformatique reconnu à l’international.

Pour y parvenir, il a dû surmonter des difficultés, mais il n’a pas abandonné. Il a dû quitter la Guadeloupe afin d’effectuer une partie de ses études. Puis, il y est revenu pour les achever.

Pour réussir, il a su travailler en équipe, avec celle de l’Institut Pasteur, dont il ne manque jamais de souligner la part dans ses travaux.

Désormais docteur, il a su conserver une grande humilité et une belle simplicité.

Il est toujours heureux de partager son savoir

David Couvin n’a guère tardé à accepter de faire le déplacement dans son île natale pour TEDxPointeàPitre. Il a dit oui, car il voulait saisir cette opportunité de « motiver les jeunes et tous ceux qui pourraient apporter leur aide dans des projets capables de faire avancer notre île dans l’avenir ».

Calme, réservé, David Couvin devient plus loquace dès lors qu’il s’agit de partager son savoir. Il fait partie de ces scientifiques enthousiastes à l’idée de transmettre leurs connaissances. Il a notamment été tuteur documentaire au sein de l’Université des Antilles et a donc aidé et accompagné des étudiants pour leurs recherches.

Il est surtout conscient qu’il doit avoir un discours accessible au plus grand nombre. Et cet effort, il est toujours prêt à le faire.

David Couvin sur internet : Twitter : @dcouvin sur Twitter et David Couvin sur Facebook et LinkedIn.  


3 raisons pour lesquelles Carel Pedre peut aider à changer le monde

3 raisons pour lesquelles Carel Pedre peut aider à changer le monde

Carel Pedre fera partie du panel d’intervenants de la première édition TEDxPointeàPitre. Pour l’équipe, le solliciter était une évidence : caribéen, ultra connecté, mais aussi présentant un parcours inspirant, il a su, en utilisant les réseaux sociaux, devenir « la voix et les yeux d’Haïti », tout juste après le terrible séisme du 12 janvier 2010, alors que les moyens de communication classique répondaient absent.

Pour nous, il fait partie de ceux qui peuvent, indéniablement, contribuer à changer le monde en mieux. Trois raisons. Liste non exhaustive.

Passionné par son métier, il sait créer et saisir des opportunités

Alors qu’il n’a que 17 ans, en 1997, Pedre, qui dit « aimer communiquer depuis (son) jeune âge », commence à faire ses armes aux côtés d’un de ses professeurs de lycée aussi animateur de radio. Pendant les vacances, il commence d’abord par accompagner l’un de ses amis en stage à Radio Étincelles, à Port de Paix, sa ville natale, dans le nord d’Haïti. Puis, petit à petit, il remplace son ami – qui ne s’intéresse pas plus que ça à la radio, en commençant par retranscrire les infos des radios de Port-au-Prince, à une époque où Internet n’était pas encore démocratisé dans la Caraïbe. Puis, il présente les infos et, très vite, se retrouve à la tête d’une émission musicale où il est directement en contact avec les auditeurs qui réclament des dédicaces. Quelques temps après, il devient populaire à Radio New Star, avec une matinale dominicale « Bonjour les amis ».

Début des années 2000, il descend à Port-au-Prince afin de poursuivre des études universitaires en sciences informatiques.

« Une fois arrivé à Port-au-Prince, mon premier réflexe a été de retrouver le chemin du micro, et j’ai intégré Radio Planète Créole en mars 2001, en tant que reporter », déclare Pedre. Au fil des années et des expériences au sein de plusieurs médias, il fidélise un public, de plus en plus nombreux, avec qui il interagit.

En 2005, lorsque Fabrice Rouzier (le producteur de « Haitian Troubadour »), lance Radio One, à Pétion-Ville, il fait appel à Pedre pour la matinale de la station, « Radio One’s Morning Show ».

Il connecte Haïti au monde

À Radio One, très vite, Pedre intègre l’usage d’internet à sa pratique radiophonique, et fidélise une communauté online. Et, alors que les médias occidentaux sont encore timides sur Twitter en 2008, Pedre et ses auditeurs y sont déjà installés.

« Ce que j’ai fait pendant le tremblement de terre, je le faisais déjà bien avant janvier 2010 : être connecté avec mon auditoire, demander de l’aide ou même supporter tout ce qui se fait de positif dans mon pays, par internet, est quelque chose que j’ai toujours fait. Être cette ‘voix d’Haït’», souligne Pedre qui, il faut le dire, a été l’un des pionniers de la radio 2.0 dans la Caraïbe.

En effet, sa matinale, intitulée « ChoKarelLa » (le show de Carel, en créole) depuis septembre 2010, bénéficie d’une présence remarquable sur les réseaux sociaux qui complètent son site internet : sur Facebook, la page de l’animateur, compte, à ce jour, plus de 188 500 fans qui suivent de près le déroulé de l’émission. Mais pas seulement. Tout comme ses 43 000 followers sur Twitter, ses fans, du monde entier, s’impliquent dans la construction, le déroulé et le débriefing de son émission en suggérant des invités, des sons à passer, ou encore en interpellant directement l’animateur et ses interlocuteurs, et en continuant les débats après l’émission, avec ou sans Pedre.

En avril 2012, Pedre a poussé l’expérience interactive 2.0 à un autre degré en mettant en ligne, gratuitement, une application iPhone dédiée à « ChoKarelLa ». Désormais sur Androïd et BlackBerry, entre autres, l’application permet aux utilisateurs de recevoir des push,mais aussi et surtout d’écouter l’émission en internet mobile, d’interagir avec Pedre et ses invités, et d’accéder à plusieurs contenus multimédias.

Alors, face à tout cet arsenal technologique autour de Pedre et de son émission, le constat est sans appel : bien qu’Haïti soit un pays pauvre, il y a, là-bas, une véritable volonté d’appropriation technologique. En guise de comparaison, en Guadeloupe, où le taux de pénétration des NTIC est le plus élevé de France, aucun média ni journaliste ou animateur n’a poussé l’interaction 2.0 aussi loin.

Altruiste, il témoigne et donne la parole aux « sans voix »

Pedre l’a dit lui même : il n’a pas attendu le 12 janvier pour donner de sa personne et de son temps à ses compatriotes dans le besoin.

Si l’international le connaît surtout pour ses initiatives de signalisation, via les réseaux sociaux, de victimes du séisme, il faut savoir qu’il est aussi, avec sa compagne, la chef Tanya Lemaire, à l’initiative du Sunday Project. À la base de ce projet, une initiative spontanée du couple, et de leur ami Karl Jean Jeune, qui, à Pâques 2010, décident de surprendre les enfants du bidonville Cité-Soleil (réputé très dangereux) en leur apportant un repas traditionnel. Plus de 150 enfants prirent part à ce déjeuner improvisé et réalisé uniquement sur fonds propres. L’idée « Sunday Project » était alors née. Devant la demande de plus en plus importante, Carel et son entourage cherchent à structurer les actions autour du « Sunday Project ».

Par ailleurs, toujours dans ce rôle de « yeux et voix d’Haïti », Pedre s’est récemment illustré en donnant la paroles aux Dominicains d’origine haïtienne déportés de force à la frontière haïtienne ; révélant ainsi la terrible crise humanitaire qui se joue après que la Cour constitutionnelle de la République Dominicaine ait destitué de leur nationalité dominicaine tous ceux qui, bien que nés sur le sol dominicain, sont de parents immigrés. En tout, plus de 250 000 cas concernant Haïti qui depuis des dizaines d’années fournit une main d’œuvre docile et peu onéreuse pour la coupe de la canne à sucre, mais aussi pour les basses œuvres dans le domaine du tourisme, en République Dominicaine.

La présence de Pedre, auprès de ces déportés, a permis de toucher au plus près les terribles vies blessées des déportés.

Carel Pedre sur internet : www.carelpedre.com@carelpedre sur Twitter, sa page sur Facebook, carelpedre sur Instagram.